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Quand je prépare une activité pour les enfants, je réfléchis évidemment à ce que nous allons faire. Mais je réfléchis aussi beaucoup à ce que je vais leur donner à toucher, à manipuler, à transformer ou à utiliser. Un objet n’est jamais tout à fait neutre dans une activité avec les jeunes enfants. Un cerceau peut devenir une voiture, une maison, une toupie, une chenille ou une navette spatiale. Une branche peut devenir un élément de décoration, un personnage, un support pour une création. Un morceau de tissu peut être une couverture, une cape, une rivière ou simplement une matière à froisser, à faire voler et à observer. C’est cette possibilité de transformation qui m’intéresse.
L’enfant découvre aussi avec ses mains
Les jeunes enfants apprennent énormément en faisant. Ils touchent, portent, déplacent, assemblent, défont, recommencent. Ils découvrent qu’un objet est lourd ou léger, souple ou rigide, doux ou rugueux, froid ou chaud. Ils expérimentent sans forcément avoir besoin de mettre des mots sur ce qu’ils sont en train de découvrir.
C’est pourquoi je porte une attention particulière aux matériaux que je choisis. Le bois n’offre pas la même sensation que le papier. La laine ne réagit pas comme une corde. Une plume est légère et fragile, tandis qu’une perle en bois possède un poids, une dureté et une texture bien différents. Cette diversité enrichit l’expérience de l’enfant.
Dans mon approche pédagogique, je considère que la variété des formes, des surfaces, des poids et des matières participe à la finesse sensorielle du petit enfant.
Je préfère proposer que montrer un résultat à reproduire
Dans beaucoup d’activités créatives, il peut être tentant de montrer aux enfants un modèle terminé et de leur demander de réaliser quelque chose qui lui ressemble. Toutefois, j’aime davantage mettre à leur disposition différents éléments et leur permettre de chercher, d’essayer et de choisir.
Deux enfants peuvent partir exactement des mêmes matériaux et créer deux objets complètement différents. Et c’est très bien ainsi. Le résultat final n’est pas le seul objectif. Il y a aussi tout ce qui se passe pendant que l’enfant choisit une matière, hésite, essaie une combinaison, change d’idée, recommence ou trouve une solution à laquelle l’adulte n’avait pas pensé. La création devient alors une expérience, et pas seulement un objet à rapporter à la maison.
L’imaginaire transforme les objets
Cette manière de travailler rejoint également ma façon d’enseigner la danse. Avec les enfants, je ne cherche pas toujours à expliquer un mouvement avec des mots. Je peux plutôt leur montrer, jouer avec une image, raconter une histoire ou faire entrer un personnage dans l’activité. L’enfant peut alors entrer dans le mouvement par son imaginaire.
La nature apporte aussi ses propres matières
C’est une des raisons pour lesquelles j’aime utiliser, lorsque cela est possible, des matériaux naturels. Une branche n’est jamais exactement identique à une autre. Le bois possède ses irrégularités, son odeur, son poids, sa texture. Les éléments végétaux invitent aussi à regarder autrement ce qui nous entoure.
Pour un enfant, ramasser une branche dans la nature et la regarder attentivement peut déjà être une petite expérience.
Quelle est sa forme ?
Est-elle droite ou courbée ?
Est-elle lisse ou rugueuse ?
Est-elle légère ou lourde ?
Que pourrait-elle devenir ?
Ces questions peuvent naître naturellement, sans transformer l’activité en leçon.
Laisser une place aux choix de l’enfant
Bien sûr, l’adulte prépare le cadre, sélectionne les matériaux, donne les consignes nécessaires et veille à la sécurité. Mais à l’intérieur de ce cadre, l’enfant peut avoir une véritable liberté. Il peut choisir une couleur plutôt qu’une autre. Une plume plutôt qu’une autre. Une forme plutôt qu’une autre. Il peut décider de modifier son idée en cours de route. Cette liberté n’est pas l’absence de cadre. Au contraire, un cadre clair permet justement à l’enfant d’explorer avec davantage de sécurité.
L’atelier d’attrape-rêves
C’est dans cet esprit que nous avons imaginé notre atelier d’attrape-rêves. Les enfants disposeront notamment de branches, de fils de coton, de perles en bois, de plumes, de feutrine et de papier. Nous partirons des mêmes matériaux, mais chaque enfant pourra composer son attrape-rêves selon ses propres choix.
J’ai davantage envie qu’ils repartent avec une création qui leur ressemble, mais aussi avec le souvenir d’avoir touché différentes matières, fait des choix, essayé des choses et donné une forme personnelle à leur idée.
C’est aussi cela que j’aime dans les activités avec les enfants : partir de quelque chose de simple et leur laisser suffisamment d’espace pour qu’ils puissent en faire quelque chose qui ne l’était plus tout à fait.
Un objet peut être un support d’apprentissage.
Une matière peut devenir une découverte.
Et une activité peut devenir un espace de liberté et de création.
C’est cette manière de travailler que j’essaie de faire vivre dans mes cours de danse, mes stages et mes ateliers pour enfants.





